Plus l’idée d’un végétal omniprésent m’envahit, plus il m’est nécessaire de déconstruire les représentations classiques que l’on en a : celui d’une nature apaisante devenue un motif figé, inanimé. En écho à ma perception de plus en plus affirmée d’un végétal organique, je porte une attention toute particulière au vivant, notamment par sa réintroduction dans notre quotidien. L’idée est d’approcher le végétal par une vision macro fragmentée sous la forme d’un kaléidoscope de 45 dessins de 15 cm x15 cm, installés sur une plaque d’aluminium de plus de trois mètres. Chaque détail évoque tour à tour la luxuriance, la matière, le rêve, la diversité, l’abstraction. Des notions clés, qui caractérisent selon moi le vivant. En insistant sur le travail des reflets, des contrastes de noirs ou de la légèreté du papier, je cherche à orienter le regard sur les vibrations propres à l’espace dans lequel le dessin est exposé. L’ampleur de ces dessins n’est pas anodine, elle excède la capacité à cerner un objet dans le champ visuel, le spectateur est débordé. Tel un abysse, il ne s’agit plus du rapport de force de l’être humain face à la nature, mais d’un monde vivant captivant le spectateur, près à l’absorber par son infini détail. Lequel, pourrait découvrir ses secrets en se déplaçant. Il s’agirait d’un paysage hors du temps, insaisissable, présenté sous la forme d’une large mosaïque du monde végétal, modulable à l’infini.
45 dessins, Pierre noire, graphite, aluminium
65 x 305 cm,
septembre 2021, Paris
© Grégory Copitet