La série «Flaches» est une série de 9 dessins.
Ils s’éloignent d’une esthétique réaliste pour s’approcher assidûment de la substance même du dessin. Ce terme, emprunté à l’urbanisme, désigne les flaques d’eau stagnante sur les enrobés déformés. Celles-ci reflètent les oubliés de la ville, les oiseaux, les branches, le ciel...Ceux que l’on distingue, une fois l’état de flânerie activé. Parce qu’ils sont juxtaposés de deux matières minérales noires, l’une mat, propre à la pierre noire et le graphite aux reflets d’argent, ils exacerbent la réflexion de la lumière. Les aplats des dessins s’imprègnent de certaines couleurs de la journée et de leur environnement. Ils soulignent l’ambiguïté des frontières entre les matériaux et le volume, la temporalité et la lumière qui se jouent entre nos images et la réalité. Une manière de sublimer l’expérience de notre milieu, de soustraire la rationalité empirique par l’abstraction.
Exposés dans les alcôves de l’église Américaine de Paris, ils flottent, légers, dans un dialogue silencieux incessant. En relation avec les courbes sinueuses des vitraux Art Nouveaux réalisés par Louis Comfort Tiffany en 1901 et les couleurs changeantes de l’église, ses dessins s’emparent de noirs pour contraster avec les pierres immaculées des façades. Bien qu’éloignés du présent par les figures historiques référencées sur les vitraux et les autres savoir-faire qui ont érigés l’église, l’expérience liée à la sensation reste pourtant inchangée. Nous pouvons investir ce que nous sommes en projetant notre expérience de l’Ici et Maintenant sur ces moires suspendues. Dans un lieu chargé d’histoire et de savoir-faire, les dessins se muent alors en couleur du temps de l’édifice.
9 dessins,
Pierre noire, graphite,
135 x 70 cm par dessins,
Mars 2022, Paris